UNSS : quand le sport prend la main sur le téléphone

En France, moins de la moitié des adolescents atteignent les recommandations minimales d’activité physique. Au collège Paul Eluard de Roncq, l’UNSS, l’Union Nationale du Sport Scolaire, lutte contre ce décrochage en proposant des entraînements réguliers et des compétitions pour motiver tous les élèves, du débutant au plus confirmé.

Il est 16h lorsque retentit un coup de sifflet suivi d’un “Tout le monde m’écoute !”, c’est le professeur d’EPS Laurent Derville qui s’apprête à donner les premières consignes d’une séance intensive. Ici, une trentaine d’élèves vont pouvoir débuter leur entraînement hebdomadaire de badminton proposé par leur collège dans le cadre de l’UNSS. Une seule règle inscrite sur la porte des vestiaires : “pas de téléphone, plus d’activités !”.

Collège Paul Eluard

Collège Paul Eluard

L’adolescence : moins de sport, plus de sédentarité

« Un adolescent choisira toujours d’aller sur son téléphone plutôt que de faire du sport”, Laurent Derville.

Selon un rapport de Santé publique France sur l’activité physique dans la population en France, chez les 6-17 ans, seulement 33% des filles et 51% des garçons atteignent les recommandations d’activité physique. Un niveau d’activité qui inquiète les experts qui ont remarqué une forte diminution de ce dernier dès l’âge de 10 ans, soit durant le collège.

Pourcentages des 6-17ans atteignant les recommandations d'activité physique
Filles 33%
Garçons 51%

La principale cause est très claire pour Laurent Derville : “On a remarqué que pratiquement tous les élèves de l’établissement possèdent un téléphone et surtout sans limites imposées par les parents. Un adolescent choisira toujours d’aller sur son téléphone plutôt que de faire du sport”. L’essor du temps d’écran est en effet la cause principale de ce décrochage.

Un quotidien transformé

Gymnase du collège Paul Eluard

Dans le gymnase, les sourires sur les visages témoignent d’un moment précieux pour ces collégiens à l’exemple de Mathis, 12 ans : « Pour moi c’est très important, c’est le seul moment où je peux faire du sport avec mes copains sans être en cours comme en EPS. » Un instant unique, souvent « trop court » mais très bénéfique pour les élèves selon leur professeur : “Tous les jours on observe les effets de l’UNSS. On voit des élèves plus investis en classe, des élèves qui montrent une réelle progression en sport et surtout un climat scolaire plus détendu et ça c’est merveilleux”. Les élèves en ressortent apaisés et prendre leurs téléphones n’est plus le premier réflexe à la sortie du gymnase. Au lieu de ça, ils discutent, rigolent, et se chamaillent même à coup de “t’as vu ce que je t’ai mis”. Leur professeur lui aussi ressort avec le sourire et débriefe même de la séance avec les élèves.

Des barrières à la pratique

Le dispositif semble parfait, du sport à moindre coûts, pour tous et bien organisé. Cependant il rencontre quelques limites non négligeables. D’abord, l’inscription aux entraînements est volontaire, “Un élève qui n’est pas un peu poussé par ses parents ne s’y intéressera jamais”, explique le professeur. Il y a aussi un important problème de personnel, les professeurs sont souvent trop peu pour le nombre d’inscrits ce qui force la mise en place d’un “maximum d’élèves” par discipline. 

"C'est un vrai casse tête"
Laurent Derville
Professeur d'EPS

Enfin, l’organisation est parfois compliquée et les aides trop peu nombreuses. Laurent Derville raconte : “On a déjà dû annuler un déplacement car on n’avait pas de bus à notre disposition. Aussi, on n’est pas prioritaire pour la salle, si on veut y organiser des événements les weekends c’est un vrai casse tête”.

Une pratique limitée donc mais tout demême possible grâce à une volonté commune de sortir du virtuel pour vivre le réel. L’UNSS ne se veut pas être une solution parfaite au décrochage sportif, mais plutôt une porte ouverte pour redonner aux adolescents le goût du mouvement et du sport collectif.

Timéo Leplat 

Photos Emma Chaussidière 

Zoom sur…

Les effets du sport sur notre cerveau 

« Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière ». Ce slogan de Manger Bouger trotte certainement dans la tête de nombreuses personnes. Et pourtant, savons-nous vraiment à quel point le sport peut changer notre santé mentale ?

Au-delà de la santé physique et du sculptage de notre corps, le sport agit en profondeur sur le cerveau, nos émotions et nos capacités mentales. Pendant une pratique sportive, notre rythme cardiaque s’accélère, ce qui entraîne une meilleure oxygénation du sang, et donc du cerveau. Cela favorise la libération de neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine et les endorphines. Selon l’Institut du cerveau, ces substances chimiques sont responsables de la sensation de bien-être, de motivation, et de plaisir ressentis après l’effort.

Leurs effets vont encore plus loin : le sport améliore la mémoire et les facultés d’apprentissage. Certaines parties du cerveau se développent grâce à l’activité physique régulière, notamment l’hippocampe. Il s’agit d’une structure cérébrale jouant un rôle clé dans la cognition.  

Le sport peut également aider à réduire le stress. Les spécialistes expliquent que bouger permet de diminuer le taux de cortisol, l’hormone du stress, et augmenter notre résistance aux situations anxiogènes. Même une simple séance de marche rapide suffit parfois à « remettre les idées en place » et à apaiser les tensions accumulées au cours de la journée.

En somme, le sport est votre meilleur ami pour aller bien mentalement : que ce soit de la course à pied, de la marche, ou bien un sport collectif… Il vous aidera certainement pour cet examen qui vous stresse, et fera une vraie différence dans votre concentration.

Lili HEIP

Soren Louvel Durier

Sur le même sujet