Ce vendredi 13 et samedi 14 mars 2026, l’École de Diététique et de Nutrition Humaine de Lille (EDNH) a ouvert ses portes pour son salon de la nutrition Fast & Fresh. Rencontré lors d’une conférence, le diététicien-nutritionniste, Ayoub Bouzi, a dévoilé sa recette pour concilier simplicité, rapidité et équilibre nutritionnel, dans un contexte où les contraintes du quotidien pèsent sur les habitudes alimentaires.
Un stand de gaufres et des fruits de saison spécialement dressés devant la salle de conférence pour l’arrivée des visiteurs. De l’autre côté de la vitre, Ayoub Bouzi commence par une phrase simple : « Mal manger n’est pas un manque de volonté ». Derrière cette affirmation, il illustre la difficulté à adopter une alimentation équilibrée puisqu’elle ne relève pas uniquement d’un choix individuel. Elle est souvent limitée par les emplois du temps chargés, le budget ou l’omniprésence de produits ultra-transformés. Par ailleurs, l’Observatoire français d’épidémiologie de l’obésité alerte sur la dégradation des habitudes alimentaires car 48,8 % des adultes sont aujourd’hui en situation de surpoids ou d’obésité, ce qui incite à promouvoir des alternatives plus équilibrées.
Dans ce contexte, le concept de Fast & Fresh apparaît comme innovant : pouvoir déguster des repas rapides à préparés, composés de produits frais, modulables selon les préférences et les moyens, tout en réunissant un certain équilibre nutritionnel. L’idée n’est pas de cuisiner davantage, mais autrement, en simplifiant les préparations face à la complexité des recettes et au manque de diversité alimentaire. Pour Catherine, présente à la conférence, cette alternative tombe à pic : « Je n’aime pas spécialement cuisiner alors combiner des aliments comme je veux m’arrange bien. D’autant plus quand on n’a pas vraiment les moyens ». Selon France Travail, l’intégration de produits frais dans l’alimentation quotidienne répond ainsi à la demande croissante des 69 % de Français se préoccupant de l’impact des produits plus ou moins sains et frais sur leur santé, notamment lors de la pause déjeuner.
Des a priori à bannir
Au-delà du fait que le Fast & Fresh fasse gagner du temps, ce concept peut faciliter le rapport à la nutrition au quotidien. Il permet de manger rapidement, sans sacrifier la qualité et l’équilibre nutritionnel, essentiels pour être en bonne santé. Le baromètre de Santé publique France permet de constater que la population n’a pas une alimentation suffisamment riche car seuls 24 % des femmes et 18 % des hommes consomment les 5 fruits et légumes par jour recommandés. Ainsi, Ayoub Bouzi tient à rappeler : « Pendant un régime, on pense qu’il faut faire beaucoup de sport et sauter des repas alors que c’est complètement faux. L’alimentation joue un rôle très important pour obtenir une bonne condition physique. Il vaut mieux manger varié et pratiquer une activité physique régulière, comme quand on fait le ménage chez soi. » Le Fast & Fresh contribue ainsi à une alimentation équilibrée et flexible par son apport en protéines, légumes et féculents, mais s’adapte aussi aux régimes alimentaires, notamment en remplaçant la viande par des légumineuses, pour les végétariens.
Toutefois, le Fast & Fresh ne se résume pas à manger des plats ‘healthys’, comme le font croire les réseaux sociaux. « Manger sainement ne veut pas dire qu’il faut se priver ! Au contraire, il faut varier les aliments et continuer à se faire plaisir. Il ne faut pas que ça devienne une source de culpabilité ou une obsession », affirme Ayoub Bouzi. Pour cela, ce concept incite à se nourrir sans pression, sans prise de tête, ni idées reçues. Cependant, cette approche dépend de l’accès aux produits frais, des équipements et d’un minimum de planification, ce qui ne résout pas toutes les inégalités sociales et territoriales.
Une importance insoupçonnée
Finalement, adopter le Fast & Fresh n’est pas uniquement un choix momentané. Ayoub Bouzi insiste sur l’impact de l’héritage génétique par la néophobie alimentaire, pouvant limiter la diversité des régimes à l’âge adulte : « Le comportement de méfiance, de peur ou de rejet envers certains aliments peut parfois se prolonger jusqu’à l’âge adulte et conduit progressivement à une restriction du répertoire alimentaire. Mais ce que les gens ne savent pas, c’est que ces préférences s’inscrivent dans nos gènes et peuvent être partiellement transmises des parents aux enfants ». Le centre de ressources et d’informations nutritionnelles montre que 77 % des enfants de 2 à 10 ans traversent une phase de néophobie alimentaire. Dans ce contexte, le Fast & Fresh permet aux familles d’introduire progressivement des aliments variés et contribue à sensibiliser sur l’importance d’une alimentation saine dès le plus jeune âge. Toutefois, cette approche ne remplace ni une éducation nutritionnelle complète, ni un suivi spécifique pour les personnes ayant des besoins particuliers, mais offre une solution pratique et réaliste pour améliorer les habitudes alimentaires au quotidien.
Rachel DUSSOTTIER
Interview: Too Good To Go, l’application pour manger moins cher
Fondée en 2016, Too Good To Go est une application numérique partenaire de nombreuses enseignes; restaurants, supermarchés, boulangeries ou encore fast-foods, qui proposent des « paniers » de produits non consommés à bas coût, réservables en ligne et à récupérer sur place.
Aiden, étudiant lillois de 19 ans, utilise régulièrement l’application:
Comment as-tu découvert l’application et depuis combien de temps l’utilises-tu ?
– C’est ma mère qui l’utilisait surtout pour les boulangeries, et je m’y suis mis dès mon arrivée à Lille il y a environ un an et demi. Maintenant, je prends environ deux fois par mois des paniers entre 4€ et 6€, mais il y a toutes sortes de prix sur le site.
Que penses-tu des paniers que tu récupères en termes de rapport qualité/ prix, produits proposés ?
– Le problème avec ce concept, c’est qu’on ne sait jamais vraiment ce que l’on va avoir dans un panier, il faut bien regarder les notes et les avis des enseignes sur le site, et voir le prix initial des produits pour savoir si le panier est rentable. Moi je prends souvent en boulangerie, parce que c’est souvent du pain, des sandwichs, des salades ou des déserts, et ça me permet d’économiser des repas avec des produits assez frais. En revanche, je ne fais pas de Too Good To Go pour les supermarchés: je suis végétarien et souvent il y a de la viande dans les paniers. Ça peut arriver qu’ils mettent cinq paquets de tranches de jambon qui périment le lendemain, et là, ça devient plus du tout rentable pour moi.
Dirais-tu que c’est un bon plan pour manger mieux et moins cher ?
– Manger mieux, ça dépend des enseignes, mais en tout cas, manger plus diversifié, ça, c’est sûr. Ça permet de faire des économies, ça évite de manger des pâtes tous les jours et c’est très accessible. Il y a beaucoup de paniers avec des prix variés, et le nombre d’enseignes partenaires est assez impressionnant, pas besoin d’habiter en centre-ville pour trouver un panier pas loin de chez soi. Évidemment il y a des défauts, mais pour un étudiant qui veut manger mieux sans se ruiner, Too Good To Go est une bonne alternative
Lucile Wirth