Les Hongrois sont-ils prêts à modifier leurs habitudes alimentaires ?

by Etudiants de l'Académie
En Hongrie, à l’ère de la malbouffe, l’obésité, inquiète. Selon l’OMS, la terre magyare se place au premier rang européen concernant l’obésité. Par-delà l’enjeu sociétal, l’équilibre et la qualité alimentaire sont mis en cause.  
L’Europe centrale, territoire rural par excellence, aux étés chauds et aux hivers froids, aspire à une alimentation riche. Pendant la période communiste la Hongrie était le grenier du bloc soviétique. La terre des Kolkhozes est propice à la culture des pommes de terre, de betteraves sucrières, de vignes, de blé et de porc. Dès l’ouverture au monde capitaliste, le pays a continué à utiliser ses produits de base tout en prenant l’habitude de consommer des produits transformés. C’est la fin de l’épicerie étatique Közért et l’avènement des supermarchés.  Les Hongrois travaillent au minimum 40h/semaine pour un salaire mensuel moyen de 711,14€. Il leur est souvent nécessaire pour vivre décemment de multiplier les jobs entre la semaine et le week-end. Ils dépensent principalement dans leurs loyers, loisirs et plaisirs (voiture) au dépend du budget alimentation. Celui-ci est souvent consacré aux aliments transformés et plats préparés riches en sucres et sels ajoutés. Par faute de temps et de motivation, une alimentation équilibrée pour la santé est ignorée. On privilégie les repas des fast food pris sur le pouce. Au restaurant, on sert des mets généreux, gras, sucrés et salés. Partons à la découverte des solutions hongroises pour faire face au fléau de l’obésité.

Cantine scolaire de Budapest : les jeunes face à la malbouffe. Crédits photos : Maxime Ber

En marche pour une alimentation plus équilibrée

Taux d'obésité chez les 10-18 ans
En 2018 et 2020 le gouvernement hongrois a lancé une campagne ludique afin de sensibiliser les jeunes au « bien manger ». Frutti et Veggi sont les noms des personnages d’animation choisis pour mettre à l’honneur le fait de manger les fruits et les légumes. Cette démarche a été financée par l’Union Européenne. Un objectif : éveiller les consciences aux effets nocifs des sucreries quand on sait que l’obésité menace. Elle consistait à faire déguster des fruits et légumes dans différentes villes hongroises afin d’éduquer la jeune génération à de nouveaux goûts. Entre 2004 et 2014 la consommation de fruits et légumes a baissé de 19% pour une consommation journalière moyenne de 260 grammes selon RFI. Ce qui place la Hongrie dernière au niveau européen.  Valoriser la diversité des cultures alimentaires est primordial. Les salaires en Hongrie sont les plus bas d’Europe. Les Hongrois connaissent des difficultés pour bien se nourrir. Pour autant le journaliste américain Michael Pollan insiste pour lutter contre l’obésité par l’adage « eat real good food, mainly green, not too much« .                     Lucas Santerre

Des conseils pour bien se nourrir

1,9 milliard d’adultes sont en surpoids (IMC compris entre 25 et 29,9 kg/m2) dans le monde, parmi eux 650 millions de personnes sont obèses donc une personne sur 10. Pire encore un enfant sur six présente un excès de poids. Nous grossissons en raison d’un déséquilibre entre les calories consommées et dépensées. Pour y remédier, il est possible d’agir à sa petite échelle.

Prendre grand soin du contenu de son assiette est primordial. A la base un repas équilibré doit contenir dans de bonne proportions de légumes (crus et/ou cuits), une source de glucides complexes (céréales, légumineuses) et une source de protéine de bonne valeur biologique (volaille, poisson, œuf). En guise de dessert un fruit frais ou un produit laitier. Les recettes traditionnelles hongroises sont souvent trop grasses. On peut en choisir quelques-unes pour les revisiter. Par exemple le « lecsó » sans saucisse. Une recette qui changera une alimentation. Une multitude de recettes ne suffiront jamais à lutter contre l’obésité. Associer associer le tout à une activité physique régulière et le tour est joué.

Pour Omese Colombié Olàh, nutritionniste d’origine hongroise exerçant en France : « C’est l’équilibre dans le quotidien, c’est la variété, ce sont les produits les plus vivants et les moins transformés qui feront la différence. »

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