« Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé » : un slogan qui retentit dans nos têtes depuis notre plus jeune âge. Mais ce dicton est-il réellement respecté par les jeunes aujourd’hui, amateurs de restauration rapide et facile ? A l’heure de la pandémie mondiale et des périodes de confinement, les étudiants choisissent la facilité pour un gain de temps sur leur travail, parfois au détriment de leur santé.
Quitter son cocon familial, apprendre à devenir autonome, et le tout en passant par des examens, pour la plupart déterminants de la carrière professionnelle visée ; un concours de circonstances qui n’aide pas à une hygiène alimentaire saine.
Elise Bodelet, étudiante en santé à l’IESCA en Belgique, et Marie Semedo, à l’Université de Lille, témoignent des mauvaises habitudes alimentaires chez les étudiants. « Une fatigue permanente, un manque d’apport en calories et en certaines vitamines, mais également une fluctuation du poids en fonction des métabolismes de chacun » : les conséquences sont nombreuses selon Elise Bodelet.
Un contexte de pandémie mondiale s’ajoutant aux mauvaises habitudes alimentaires
De plus, le contexte de la crise sanitaire n’a fait que consolider l’aspect « malbouffe » chez les jeunes. Marie Semedo nous explique : « La crise sanitaire a eu des grosses conséquences sur mon alimentation, je n’ai désormais plus accès, à cause du Covid, aux micro-ondes mis à ma disposition dans mon école. Je dois donc préparer des plats froids, qui ne sont pas forcément équilibrés.«
Malgré les 37% d’étudiants français pensant avoir une alimentation déséquilibrée (selon la neuvième enquête nationale sur la santé des étudiants réalisée par Emevia et l’Institut CSA), de nouvelles habitudes sont toujours bonnes à prendre.
Des solutions saines à proximité
Afin de remédier à ce problème grandissant chez ses étudiants, l’université de Lille, en partenariat avec l’association Les Pieds sur Terre, propose des paniers de légumes bios locaux et de saison.
Chacun étant composé de cinq légumes différents. La mission de l’association : permettre l’accès à une alimentation de qualité au plus grand nombre et promouvoir le développement durable. Au-delà de commander un « simple » panier de légumes, l’association Les Pieds sur Terre fournit une fiche de conservation des produits, mais aussi des conseils de cuisine !
Suite aux conséquences de la pandémie mondiale sur le sujet de la « malbouffe » étudiante, l’université de Lille se saisit de plus en plus du problème, notamment en proposant des alternatives locales.
La solidarité pour vaincre cet obstacle va bien au-delà de cette première initiative. Le simple fait d’avoir de bons produits à proximité ne permet pas forcément d’acquérir une bonne alimentation, donc une bonne hygiène de vie. Dans l’objectif de retrouver une alimentation saine, quoi de mieux que des conseils d’étudiants en formation de diététique ? À partir du mois de mars 2022, l’EDNH de Lille [École Diététique et Nutrition Humaine] et ses étudiants de troisième année mettent en place des consultations dans une clinique de nutrition, Nutricorner, à prix cassé. L’objectif : s’entraîner aux futures consultations pour les futurs professionnels, et activer la solidarité étudiante en proposant des consultations à prix imbattable. Un bon compromis et un exemple de solidarité étudiante.
Nelly Deblecker
Zoom sur le développement de la Food Tech comme solution à l’alimentation étudiante
Si l’entraide des étudiant.e.s au sein des Universités se développent de plus en plus pour combattre les mauvaises habitudes alimentaires des étudiant.e.s, les commerces et entreprises profitent également de ce sujet pour développer des solutions marketing.
C’est le cas par exemple de l’entreprise française de 2017, Quitoque, qui propose des livraisons de paniers d’ingrédients, à domicile, en fonction d’un large choix de recettes proposées sur le site internet ou sur l’application, renouvelées chaque semaine. Pour les jeunes débordés par les études et/ou les examens, ce système permet de se faire livrer les courses directement à la maison, d’avoir des nouvelles idées de recettes, de manger sain et local, et enfin, avec un prix à l’assiette compris entre 4€ et 7€.
Si la cuisine n’est pas le fort de certains, l’alternative Too Good Too Go est relativement intéressante. Lancée au Danemark en 2015, cette application met en relation restaurants, boulangeries ou encore supermarchés, avec ses utilisateurs, pour leur proposer les invendus, à prix réduit. En plus d’avoir accès à un large choix de nourriture, chaque utilisateur fait un geste pour la planète en évitant le gaspillage alimentaire, dans le but d’avoir un impact positif sur la planète. Allier écologie et santé, ce n’est plus si difficile de nos jours.
Toutes ces entreprises font partie du phénomène de la « Food Tech » qui est en plein déploiement en France. Les entreprises et applications se développent de plus en plus pour tenter de répondre aux besoins alimentaires de tou.te.s en respectant les contraintes de temps, de déplacement, de diversité et qualité des produits mais aussi les contraintes financières.
Jeanne Defert