Aujourd’hui, le Danemark est le seul pays au monde à s’être fixé de véritables objectifs afin de transférer toutes ses énergies fossiles vers une énergie verte. En 2011, la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt, annonçait que, d’ici à 2050, le Danemark sera autonome et indépendant des énergies non renouvelables. Son objectif est de couvrir 100 % de ses besoins énergétiques en énergie renouvelable sans recours au nucléaire d’ici là.
Alors qu’en ce début d’année 2022, les débats flambent en Europe pour classer le nucléaire comme une énergie verte, le Danemark, lui, a pris d’autres mesures pour répondre à ses futurs besoins énergétiques tout en refusant le recours à l’uranium. Et ce, depuis bien plus longtemps qu’il n’y paraît.
En 2019, le Danemark a couvert 75 % de ses besoins énergétiques par des énergie renouvelables. Le choc pétrolier de 1973 a été le déclic du pays. Cette année marque le début d’une volonté de s’émanciper des énergies fossiles. Le Danemark avait alors déclaré démarrer sa transition énergétique afin d’exclure définitivement les énergies fossiles. En 2011, le pays projette d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. D’autres objectifs ont été fixés au fil des années.
Une politique de l’éolien
Selon l’Agence danoise de l’énergie, on compte 6 251 éoliennes sur le territoire. Les pieds dans le sable depuis la plage d’Amager de Copenhague, vous pouvez largement admirer le parc éolien maritime de la capitale danoise. Ce dernier est alors devenu le symbole qu’une transition énergétique est possible grâce à une implication citoyenne et étatique dans les énergies renouvelables.
Bien sûr, le parc éolien de Copenhague n’est pas le seul du Danemark. En 2019, l’inauguration du parc éolien offshore Horns Rev 3 à l’Ouest du pays, en mer Baltique a confirmé l’implication environnementale danoise. A lui seul, le parc éolien peut couvrir la totalité des besoins énergétiques de 425 000 personnes pendant un an. Grâce à des sites éoliens terrestres ou offshores, c’est-à-dire en mer, le Danemark couvre presque la moitié (47%) de sa production énergétique grâce au vent depuis 2019. Et le développement des éoliennes n’est pas anodin dans un pays comme le Danemark où le climat est propice de part sa présence régulière en vent. Les nombreux parcs éoliens danois font du pays le leader européen de la production d’électricité éolienne.
Des défis ambitieux
Le Danemark refuse de se tourner vers le nucléaire. D’autres solutions sont donc mises en place autres que les éoliennes comme l’énergie solaire, hydraulique (le Danemark étant un pays plat, elle représente une faible part), enfin la biomasse. En 2019, 25 % de l’électricité produite provenait de la biomasse. La biomasse constitue l’ensemble des matières organiques. Pour produire chaleur et l’électricité, les centrales biomasses brûlent de la paille, du bois et autres végétaux. Aux abords des villes danoises, notamment à Copenhague on peut voir les usines de biomasse fumée. Mais, le principal type de biomasse utilisé par le Danemark sont les déchets. Ainsi, l’incinération de ces derniers évite leur enfouissement.
Lorsque la quantité de déchets ou de végétaux n’est pas assez importante pour produire assez d’électricité, on complète la combustion avec du gaz ou du charbon.
Lisa Morison
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Copenhill, une usine de biomasse mais pas que
Copenhill est l’atypique projet montrant qu’il est possible de créer, d’inventer et de construire une usine de production d’électricité verte tout en réfléchissant à une seconde utilité.
Amager Bakke, plus connue sous le nom de Copenhill est une usine de biomasse. Mais cette dernière a quelque chose de particulier. Inaugurée le 4 octobre 2019, selon les affirmations des employés sur place, l’usine est située au nord de Copenhague tout près de l’île de Refshaleøen. Au loin depuis la Suède ou sur les canaux de la capitale danoise, vous pouvez voir l’usine fumée 24h/24. Une usine de biomasse produit de l’électricité verte en brûlant de la matière organique générant de la vapeur qui active une turbine. A Copenhill, on trie les déchets des copenhaguois de façon à enlever le plastique et les métaux et on brûle le reste. La combustion des déchets produit de l’électricité et du chauffage pour 65 000 foyers de la ville, toute l’année.
Mais ce n’est pas tout, l’usine de biomasse est aussi une piste de ski, possède un mur d’escalade d’environ 100 mètres et un grand parcours de trail pour les amateurs de course. Il est même possible d’aller boire et manger sur le rooftop café de Copenhill en dominant tout Copenhague.
La piste de ski n’est pas très grande mais est ouverte toute l’année. Pas besoin de neige pour enfiler ces grosses chaussures de ski de descente, la piste est recouverte d’un par terre en plastique recouvert de silicone qui permet de glisser. Pour les curieux, vous pouvez même essayer la piste pendant 20 minutes pour 50 DKK par personne si vous êtes un groupe de six.