Basé à Armentières dans les Hauts-de-France, l’ACI (Atelier et Chantier d’Insertion) Pass’O’Vert, dont l’activité est tournée vers la location et la réparation de vélos, accompagne ses six salariés dans leur réinsertion professionnelle.

Sur l’une des façades faisant face à la gare d’Armentières, un logo aux lettres colorées attire le regard. C’est celui de l’Alefpa (Association laïque pour l’éducation, la formation, la prévention et l’autonomie), une association à but non lucratif qui intervient sur le champ du médico-social, dans des domaines tels que la protection de l’enfance ou le handicap. En se rapprochant un peu, il est possible de distinguer un atelier, un mur couvert d’outils et des vélos soigneusement alignés. Ce bâtiment n’est autre que l’ACI Pass’O’Vert. Installé depuis quelques mois au 17 rue Paul Pouchain à Armentières, il s’agit d’un Atelier et Chantier d’Insertion, dont la mission est d’assister des personnes en situation de précarité ou éloignées de l’emploi. A Pass’O’Vert, Etienne Bellegy, conseiller en insertion professionnelle et Zoubir Medjahedine, encadrant principal technique, travaillent main dans la main pour accompagner six salariés sur le versant socio-professionnel, grâce à une activité support dans le domaine de l’écomobilité. L’atelier vélo est structuré autour de prestations comme la réparation, la location ou la vente solidaire de vélos.

Pass'O'Vert
Etienne Bellegy devant l'atelier de Pass'O'Vert

Construire un projet

La réinsertion s’accompagne d’une phase de réadaptation au monde du travail pour ces salariés aux parcours compliqués : demandeurs d’emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, personnes ayant connu un parcours carcéral ou un parcours de rue. Ayant elles-mêmes repéré l’association ou ayant été orientées par des acteurs de l’emploi comme France Travail, ce sont souvent des personnes qui n’ont aucun diplôme, qui ont très peu d’expérience ou pour qui c’est parfois le premier emploi. « On va être sur des personnes qui découvrent la vie professionnelle au quotidien. Se lever le matin, travailler en équipe, respecter des horaires, détaille Etienne Bellegy. On va réapprendre un petit peu les codes du travail. »

En parallèle, les employés peuvent être accompagnés dans la levée des freins périphériques, tels que des soucis de logement ou de parcours de santé. Ils sont aussi et surtout épaulés dans la recherche ou la mise en place d’un projet d’insertion professionnelle. En partant de leurs souhaits et leurs compétences, l’objectif est d’arriver, au bout de deux ans au maximum, à une « sortie positive ». Cela peut être une mise en formation qualifiante, un CDD de plus de six mois dans l’idéal ou un contrat de travail en CDI. Un réseau étoffé de partenaires, dont France Travail, permet à Pass’O’Vert de proposer des solutions à ses salariés, et ce dans tous les domaines.

Vélos de Pass'O'Vert
Vélos mis en location

Déconstruire les stéréotypes

Les clichés ont la vie dure et ils sont l’un des obstacles auquel doivent se confronter les employés comme les encadrants de Pass’O’Vert. Des réticences de la part d’entreprises, ils en ont rencontré. Si certaines personnes sont très sensibles à la cause de l’insertion, ce n’est pas le cas de tout le monde. « Ça fait partie de mon travail d’aller déconstruire les schémas que les gens pourraient avoir du milieu de l’insertion », assure Etienne Bellegy.

Ce dernier ne le cache pas, la réinsertion n’aboutit pas toujours. Il est parfois difficile d’accrocher les salariés, il arrive qu’il y ait de l’absentéisme dès les premières semaines. Il estime toutefois à 35 ou 40 % le nombre de sorties positives. « On a vu des super épanouissements, des parcours pour lesquels on a senti que notre travail portait ses fruits. »

Réparation d'un vélo à Pass'O'Vert par des salariés de l'ALEFPA
Réparation d'un vélo à Pass'O'Vert par des salariés de l'ALEFPA

Lilian Bauden

Photos Jeff Le Rigoleur

Zoom : Les multiples facettes de l’ALEFPA

Depuis 1959, l’ALEFPA cherche à insérer un maximum de personnes vulnérables, à travers ses nombreuses activités en France. Dans le Nord, l’association s’est insérée à Armentières grâce à Pass’O’Vert, mais également à Hellemmes, Croix, ou encore Lille. De quoi accompagner près de 20 000 personnes chaque année.

A travers tout le pays, des milliers de personnes peinent à être insérées dans la société, trouver du travail ou encore sociabiliser, du fait de leur situation. Ainsi, l’ACI Capharnaüm à Hellemmes permet aux personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles de décrocher un emploi, à hauteur de 26 heures de travail par semaine. Au programme, nettoyage, ménage et déménagement social. Les biens de premières nécessités collectés lors de cette dernière tâche, sont ensuite récupérés et offerts aux plus précaires.

Le centre Médico-Psycho-Pédagogique (CMPP) Decroly 1 de Lille est, quant à lui, chargé d’accompagner les enfants en difficultés scolaires, à cause de troubles du langage ou du comportement. Via des thérapies individuelles, le CMPP offre une solution à tous, grâce à un ensemble de professionnels. Mais l’ALEFPA ne laisse personne sur le côté et s’occupe de chaque tranche d’âge. C’est pourquoi la résidence Van Gogh à Croix met en place de nombreux espaces conviviaux et d’activités pour ses membres, ayant tous, au moins 60 ans. Elle permet donc à tous ses résidents de jouir d’un lieu de sociabilité sécurisé, pour lutter contre l’isolement des plus âgés.

Un ensemble de solutions mises en place par l’Alefpa, qui cherche donc à aider un maximum de gens, quel que soit leur âge, leur situation ou leur handicap.

Adrien Débias-Saïd

Crédit vidéo : Jeff Le Rigoleur

Sur le même sujet